Le guide du fonctionnement d’un PER

Quand vous êtes indépendant, votre retraite obligatoire repose sur des cotisations souvent faibles. Une fois votre activité arrêtée, une pension seule couvrira difficilement votre niveau de vie.
Le plan épargne retraite, aussi appelé PER, est un outil indispensable pour compenser cet écart et préparer votre retraite. Ce dispositif peut sembler complexe entre les différents types de PER, la manière de faire jouer l’avantage fiscal à l’entrée et les différents déblocages anticipés.
Voici tout ce qu’il faut savoir pour comprendre comment fonctionne un plan épargne retraite.
Qu’est-ce qu'un PER ?
Le plan d’épargne retraite est un produit d’épargne à long terme. Son objectif est de vous permettre de mettre de l’argent de côté pendant votre vie active, puis de récupérer cette épargne au moment de votre retraite.
Son principe est simple : pendant la vie active, l'épargnant effectue des versements qui sont investis sur différents supports financiers. En contrepartie d'un blocage de l'épargne jusqu'à la retraite, il bénéficie d'avantages fiscaux significatifs. Au moment du départ en retraite, le capital accumulé est récupéré sous forme de rente viagère, de capital, ou d'un mélange des deux.
Quels sont les trois types de PER ?
Il existe 3 types de PER :
- le PER individuel (PERin) est ouvert de votre propre initiative, indépendamment de toute activité professionnelle. Il est ouvert à tous (salariés, indépendants, fonctionnaires, demandeurs d'emploi) et se souscrit auprès d'un assureur, d'une banque ou d'un courtier.
- le PER d'entreprise collectif (PEReco) est mis en place par l’entreprise mais est facultatif pour le salarié. Ce PER peut recevoir les primes d'intéressement et de participation.
- le PER d'entreprise obligatoire (PERo) est également mis en place par l'employeur, mais il s'adresse à une catégorie définie de salariés et l'adhésion est obligatoire. Le salarié et l'employeur y versent des cotisations obligatoires, dont le montant et la répartition sont fixés par accord collectif ou décision unilatérale.
💡 Si ces trois PER peuvent se cumuler pour un salarié, un indépendant ne pourra bénéficier du plan d’entreprise obligatoire, réservé aux salariés, sauf à changer de statut.
L’un des avantages du PER est la transférabilité : vous pouvez transférer votre épargne d'un PER à un autre, d'un établissement à un autre, ce qui facilite le suivi de votre épargne retraite tout au long de votre carrière, même en cas de changement d'employeur ou de statut.
Quels sont les trois compartiments d’un PER ?
Quel que soit le type de PER, sa structure interne est toujours la même : trois compartiments, chacun correspondant à une origine de versement différente, avec des règles fiscales et des conditions de sortie distinctes :
- le compartiment versements volontaires
- le compartiment épargne salariale
- le compartiment versements obligatoires
Ces compartiments ont été pensés pour faciliter les transferts. Lorsque vous transférez des fonds d'un PER vers un autre, les sommes migrent vers le compartiment de même nature dans le nouveau plan.
👉 Prenons un exemple : les versements volontaires logés dans le compartiment 1 d'un PEReco peuvent être transférés dans le compartiment 1 d'un PERin, en conservant leur traitement fiscal d'origine.
Le PER est-il obligatoire pour préparer votre retraite ?
Aucun texte ne vous impose d'ouvrir un plan épargne retraite. Souscrire un PER individuel relève d'une démarche personnelle et volontaire.
En revanche, dans le cadre de l'entreprise, un PER d'entreprise obligatoire peut s'imposer à vous. Si votre employeur a mis en place un PERo pour votre catégorie de salariés, vous devez y adhérer et y cotiser selon les conditions prévues.
💡 Pour les indépendants, le PER remplace les anciens contrats Madelin, qui ne sont plus commercialisés. Si vous détenez encore l'un d'eux, vous pouvez le transférer vers un PER pour regrouper votre épargne et bénéficier de règles de sortie plus souples.
Comment fonctionne un PER ?
Un PER, comment ça marche ? Il fonctionne en deux grandes phases. Pendant la phase d'épargne, vous effectuez des versements qui sont investis sur différents supports financiers. Pendant la phase de sortie, au moment de la retraite, vous récupérez votre épargne sous forme de capital ou de rente viagère.
L’avantage fiscal à l’entrée
C’est l’un des principaux avantages du PER réside dans la déductibilité des versements volontaires. Chaque euro que vous versez sur le compartiment versements volontaires peut être déduit de votre revenu imposable, ce qui réduit directement votre impôt sur le revenu. Plus votre tranche marginale d'imposition (TMI) est élevée, plus l'économie est importante.
Pour l’année 2026, les plafonds de déduction sont fixés pour les salariés à 10 % des revenus d’activité nets de l’année précédente dans la limite de 37 680 € et pour les travailleurs non salariés une limite de 88 900 €.
Les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable.
💡Les plafonds de déduction non utilisés peuvent être reportés sur les cinq années suivantes.
Il est également possible de renoncer à la déduction fiscale à l'entrée. Dans ce cas, la fiscalité à la sortie sera plus légère, ce qui peut être intéressant si vous êtes faiblement imposé ou non imposable. Ce choix se fait versement par versement.
💡L'intérêt dépend de votre situation. Si vous êtes imposé dans une tranche élevée, la déduction devient un vrai levier. Si vos revenus sont encore modestes et irréguliers, l'avantage est faible : mieux vaut d'abord constituer une trésorerie de précaution et une épargne disponible.
L’alimentation de l’épargne
Alimenter un PER est simple et flexible :
- sur un PER individuel, vous êtes entièrement libre du montant et du rythme de vos versements qu’ils soient ponctuels ou programmés.
- sur un PER d'entreprise collectif, l'alimentation se fait par le versement de primes d'intéressement ou de participation, par l'abondement de l'employeur, ou par le transfert de jours de votre compte épargne-temps.
- sur un PER obligatoire, les cotisations sont fixées par le contrat et prélevées directement sur votre rémunération.
Il est aussi possible de transférer des fonds provenant d'anciens contrats (PERP, Madelin, PERco, article 83) ou d'un autre PER vers votre plan actuel, sans perdre l'antériorité fiscale des sommes. Le transfert est gratuit au bout de cinq ans de détention; s’il est effectué avant ce délai, des frais plafonnés à 1 % de l'encours peuvent s'appliquer.
Une fois vos versements effectués, votre épargne est investie sur des supports financiers.
La gestion de l’épargne
Deux grands modes de gestion coexistent :
- la gestion pilotée par défaut est le mode de gestion appliqué automatiquement si vous ne faites aucun choix. Le principe est progressif : lorsque votre retraite est encore lointaine, votre épargne est orientée vers des supports plus dynamiques (actions, immobilier) pour rechercher de la performance. À mesure que l'échéance se rapproche, l'allocation est progressivement sécurisée vers des supports moins risqués.
- la gestion libre convient si vous souhaitez piloter vos investissements. Vous sélectionnez les supports d'investissement (fonds en euros à capital garanti, unités de compte en actions, en immobilier, en obligations…) et vous procédez vous-même à la répartition entre supports. Ce mode offre davantage de contrôle mais demande un minimum de connaissances financières et de temps.
La sortie et les cas de déblocages anticipés
En principe, l'épargne de votre PER est bloquée jusqu'à votre départ à la retraite.
Au moment de la sortie, les modalités dépendent du compartiment concerné.
- pour les compartiments versements volontaires et épargne salariale, vous avez le choix entre une sortie en capital (en une fois ou de manière fractionnée), une sortie en rente viagère, ou une combinaison des deux.
- pour le compartiment versements obligatoires, la sortie se fait obligatoirement en rente viagère, sauf si le montant mensuel de la rente est inférieur à 110 €.
La loi prévoit six cas de déblocages anticipés qui permettent de récupérer votre épargne avant la retraite, sous forme de capital :
- l’invalidité de 2e ou 3e catégorie (la vôtre, celle de votre conjoint ou partenaire de Pacs, ou celle de vos enfants)
- le décès du conjoint ou partenaire de PACS
- la situation de surendettement
- l’expiration de vos droits aux allocations chômage
- la cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire
- l’achat de la résidence principale (uniquement pour les compartiments individuel et collectif)
La fiscalité appliquée au déblocage dépend à la fois de l’origine des sommes épargnées, du type de sortie (rente ou capital) et de la déductabilité (ou non) des sommes épargnées.
- en cas de sortie en capital, les versements volontaires ayant fait l’objet d’une déduction fiscale en cours de contrat seront soumis à l’impôt sur le revenu et les produits de l’épargne, au prélèvement forfaitaire unique (PFU).
- en cas de sortie en rente, la rente est soumise à l’impôt sur le revenu selon différentes modalités.









