Devenir chauffeur de taxi : les étapes à suivre

On imagine souvent qu'il suffit d'une voiture propre et d'un bon sens de l'orientation pour se lancer dans une activité de taxi. La réalité est plus exigeante entre la réussite d’un examen national, l'obtention d’une carte professionnelle et d’une licence.
Voici un guide pour tout savoir sur comment devenir chauffeur de taxi indépendant et lancer votre activité en toute conformité.
Faut-il un diplôme pour devenir chauffeur de taxi ?
Sur le papier, aucun diplôme spécifique n'est demandé à l'entrée du métier. La profession n’est pourtant pas en libre accès, elle est verrouillée par un document obligatoire : la carte professionnelle de conducteur de taxi, que personne n'obtient sans passer un examen encadré par la préfecture.
💡 La préparation à l'examen n'est pas imposée par la loi, mais rares sont les candidats qui s'y présentent sans accompagnement. Vous pouvez retrouvez sur le site de chaque chambre de métiers et de l’artisanat, une liste des centres de formation agréés par département.
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Comment devenir chauffeur de taxi indépendant : les étapes à suivre
Étape 1 - Réussir l'examen d'accès à la profession de conducteur de taxi
La chambre de métiers et de l'artisanat (CMA) de votre département organise l’examen d’accès à la profession de taxi.
Les conditions de passage de l’examen d’accès
Trois conditions doivent être remplies avant de vous inscrire à cet examen :
- Détenir le permis B depuis au moins trois ans (deux ans si vous avez suivi une conduite accompagnée), hors permis probatoire.
- Fournir un extrait de casier judiciaire (bulletin n° 2) compatible avec l'exercice de la profession.
- Justifier d'une attestation PSC1 (formation aux premiers secours) délivrée depuis moins de deux ans.
💡 Pour trouver votre CMA, rendez-vous sur artisanat.fr. L'inscription se fait ensuite en ligne, sur la plateforme officielle exament3p.fr.
Le déroulé de l’examen d’accès
L'examen se déroule en deux temps :
- Une épreuve d'admissibilité, entièrement écrite (QCM et questions à réponses courtes), qui regroupe un tronc commun partagé avec les candidats VTC : réglementation du transport, gestion, sécurité routière, français et anglais et une épreuve spécifique aux taxis, centrée sur la connaissance du territoire d'exercice et la réglementation locale.
- Une épreuve d'admission, accessible une fois l'admissibilité validée : une mise en situation de conduite dans laquelle un examinateur évalue votre capacité d'accueil et votre sens du service.
Pour être déclaré admissible, il faut une moyenne d'au moins 10/20 sur l'ensemble des épreuves écrites. Une fois admissible, vous disposez d'un an pour vous présenter jusqu'à trois fois à l'épreuve pratique, où une note minimale de 12/20 est exigée.
Étape 2 - Récupérer votre carte professionnelle auprès de la préfecture
L'examen réussi, la préfecture délivre votre carte professionnelle. Concrètement, la demande se fait en ligne sur démarches-simplifiees.fr.
⚠️ Exercer votre activité de taxi sans carte professionnelle vous expose à 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende mais aussi à l'immobilisation de votre véhicule pouvant aller jusqu'à sa confiscation, ainsi qu’à une suspension de votre permis de conduire pour 5 ans.
Voici une liste de documents qui vous seront demandés :
- Votre attestation de réussite à l'examen, délivrée par votre CMA.
- Votre avis médical d'aptitude (cerfa n° 14880), daté de moins de deux ans.
- Votre attestation PSC1, également datée de moins de deux ans.
- La copie recto-verso de votre permis et un justificatif de domicile récent.
- La copie de votre document d’identité (carte d'identité recto/verso ou passeport)
La carte professionnelle de taxi est valable cinq ans, puis se renouvelle grâce à une formation continue de 14 heures et une nouvelle visite médicale.
⚠️ Votre carte professionnelle est seulement valable pour exercer votre activité dans le département où vous avez réussi l'examen. Pour exercer dans un autre département, il vous faudra suivre un stage de formation continue de 14 heures (35 heures à Paris) dispensé par un centre agrée.
Étape 3 - Décrocher une autorisation de stationnement (ADS)
Sans autorisation de stationnement, aussi appelée licence, impossible d'exploiter un taxi. Pour devenir chauffeur VTC, vous n'avez besoin d'aucune autorisation de ce type. C'est la démarche la plus lourde du métier de taxi, il vous faut l'anticiper largement.
⚠️ Est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende le fait d'exercer l'activité d'exploitant taxi sans être titulaire d'une ADS.
Il existe trois options pour obtenir une licence de taxi :
- Racheter une licence délivrée avant octobre 2014 : ces autorisations restent cessibles une unique fois, contre une compensation financière négociée avec le titulaire sortant. Le prix varie fortement selon la zone géographique, entre 40 000 € et 300 000 €, avec une moyenne autour de 130 000 € à Paris et jusqu'à 300 000 € dans des villes très demandées comme Nice.
- S'inscrire sur le registre départemental pour une licence : entièrement gratuite, mais attribuée par ordre d'ancienneté, souvent après une longue attente.
- Devenir locataire-gérant d'une licence appartenant à un artisan déjà installé, contre une redevance mensuelle. C’est la solution la plus rapide pour démarrer votre activité.
⚠️ Une licence délivrée, c’est-à-dire créée, après le 1er octobre 2014 ne peut pas être revendue. Elle reste personnelle et s'éteint à la fin de votre activité.
💡 Si vous débutez et souhaitez limiter le risque financier, la location-gérance reste la solution la plus sûre : pas d'investissement lourd, pas de longue attente, et la possibilité d'acheter votre propre licence une fois votre activité stabilisée.
Étape 4 - Poser un cadre juridique de votre activité
Exercer comme taxi indépendant suppose une inscription au répertoire des métiers, en complément de votre immatriculation classique. Trois cadres sont envisageables :
- La micro-entreprise, la formule la plus rapide à mettre en place pour tester votre activité.
- L'entreprise individuelle, utile dès que vos charges ou vos investissements deviennent conséquents et dépassent les seuils de la micro-entreprise.
- La société (EURL, SASU), pertinente si vous investissez dans plusieurs véhicules ou licences, ou si vous prévoyez d'embaucher.
👉 Prenons un exemple concret : vous démarrez avec une licence en location-gérance. La micro-entreprise suffit. Quelques années plus tard, vous rachetez votre ADS et embauchez un salarié : la SASU devient plus adaptée.
Étape 5 - Mettre votre véhicule en conformité
Un taxi répond à des exigences précises : taximètre homologué et scellé, signalétique lumineuse visible de l'extérieur, plaque professionnelle et compteur horokilométrique certifié. Le véhicule doit passe un contrôle technique renforcé, plus fréquent que celui d'un véhicule personnel.
Étape 6 - Protéger votre activité avec les bonnes assurances
Votre véhicule et votre licence représentent l'essentiel de votre outil de travail. Un chauffeur de taxi indépendant doit prévoir plusieurs assurances :
- La RC Circulation, qui couvre votre véhicule dans le cadre de son usage professionnel. Vérifiez qu'elle comporte bien les garanties essentielles : la responsabilité civile, la garantie dommages tous accidents et la garantie individuelle du conducteur.
- La RC Pro, qui couvre votre responsabilité civile professionnelle lors du transport de vos clients.
- La mutuelle TNS, pour conserver une couverture santé une fois quitté le régime salarié.
- La prévoyance TNS, pour maintenir un revenu en cas d'arrêt de travail ou d'incapacité.
💡 Attention : vérifiez que votre RC Circulation comporte bien les garanties de responsabilité civile professionnelle, dommages tous accidents et garantie individuelle du conducteur.
👋 Chez Orus, la RC Circulation intègre directement la RC Pro et la RC Civile. Vous n'avez donc pas besoin de multiplier les contrats : une seule couverture protège à la fois vos déplacements, votre activité professionnelle et votre responsabilité civile personnelle.
Étape 7 - Connaître le tarif réglementaire
À la différence du VTC, où chaque plateforme fixe ses prix librement, les tarifs des taxis restent encadrés par arrêté préfectoral. La prise en charge, le tarif kilométrique et les majorations de nuit, de dimanche ou de jour férié sont fixés à l'avance. Le taximètre doit afficher en permanence le montant réglementaire correspondant.
👉 Prenons un exemple concret : deux courses identiques, effectuées le même jour dans le même département, affichent le même prix au compteur. Seules les majorations prévues par arrêté, comme la nuit ou le dimanche, modifient ce tarif.
Étape 8 - Développer votre clientèle
Vous disposez de plusieurs canaux pour développer votre clientèle :
- Le stationnement aux bornes réservées, accessible aux seuls véhicules autorisés.
- La maraude, c'est à dire la recherche active de clients sur la voie publique, un droit réservé aux taxis et fermé aux VTC.
- L'inscription à une centrale radio, comme G7, Taxis Bleus ou Alpha Taxis, pour recevoir des courses par répartition.
- Le conventionnement avec l'Assurance Maladie pour assurer du transport assis professionnalisé, une activité complémentaire très recherchée par les artisans taxi.
💡 Peu de chauffeurs vivent d'un seul de ces canaux. Pensez à combiner stationnement, centrale radio et conventionnement médical pour lisser votre activité sur l'année.
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